Pourquoi utiliser l’électricité pour sauver le Climat ?

Quelle source d’énergie minimise les émissions de CO2 ?

En effet, la consommation énergétique n’émet directement du CO2 (gaz à effet de serre) que si elle est obtenue à partir de combustible. Par exemple 500gCO2/kWh à partir de gaz et 900gCO2/kWh, à partir de pétrole, 1000gCO2/kWh, à partir du charbon.
A cela, pour être complet, il faut cependant ajouter les émissions de CO2 pour fabriquer les moyens de production : le béton pour fabriquer la centrale, l’acier et le cuivre pour fabriquer les éoliennes ou les pylônes du réseau, le verre pour fabriquer les panneaux photovoltaïques et aussi l’énergie pour les démanteler un jour.

L’électricité française est fabriquée essentiellement avec des centrales nucléaires (77%) et hydrauliques (13%) et de moins en moins par des centrales thermiques au charbon, au fioul, au gaz pour 5% d’énergie au combustible fossile. Le taux de renouvelables hors hydraulique et non combustibles est limité à environ 5%.

Les centrales hydroélectriques n’émettent pas de CO2 à l’utilisation. L’exploitation des centrales nucléaires de l’ordre est de 4gCO2/kWh, dus à l’enrichissement préalable de l’uranium. Il faut rajouter quelques grammes pour tenir compte du CO2 émis lors leur construction et de la réalisation du réseau de transport. Comme on le voit, en comparaison avec les sources thermiques, c’est négligeable (plus de 100 fois moins).

Le réseau électrique fournit quelques pourcents d’énergie éolienne et solaire. Contrairement à ce qui est sous-entendu dans les écrits, les énergies renouvelables émettent plus de CO2 que l’énergie d’origine nucléaire. L’énergie éolienne émet sur sa durée de vie de l’ordre de 20gCO2/kWh, car il faut bien fabriquer les composants, en général dans des pays (Chine, Allemagne, Pays bas… où les émissions de CO2 sont des dizaines de fois supérieures à celles de l’électricité française).
Le bilan est encore bien supérieur avec des panneaux photovoltaïques fabriqués en Chine (de l’ordre de 80gCO2/kWh), alors que beaucoup de personnes pensent le contraire. De plus, ceux-ci ne fournissent aucune énergie en période de pointe, alors qu’on en manque.
De plus ces valeurs ne prennent pas en compte les inconvénients dû au caractère aléatoire de ces sources d’énergie qui imposerait un stockage fortement consommateur de CO2 (plus de 100g de CO2, si le stockage est fait par des batteries), aussi des pertes de rendement et un coût aujourd’hui prohibitif. 

EDF annonce des émissions par l’hydraulique de seulement 4gCO2/kWh, de même pour le nucléaire, pour lequel c’est de l’énergie presque sans CO2 qui est utilisée pour l’enrichissement de l’uranium . Certains experts compte plutôt 6 ou 10gCO2/kWh et certains sites (ElectricityMap.org) utilisent la valeur de 12gCO2/kWh. Mais l’ordre de grandeur est plus de 10 fois moins que le photovoltaïque que l’on stockerait et de 100 fois moins que les carburants.

De plus, contrairement à l’hydroélectricité, les énergies renouvelables éoliennes et photovoltaïque ont le fâcheux inconvénient d’être intermittentes de façon aléatoire.
Si on ne stocke pas ces énergies aléatoires, au delà du taux de 10% d’énergie aléatoire, le réseau électrique français va risquer de devenir instable et donc de tomber en panne régulièrement (voir l’article : Pourquoi notre réseau électrique n’acceptera pas autant de renouvelables ?). Certes l’hydraulique est là pour combler le besoin de surcroît ou d’excès de production rapide, mais à utiliser de préférence pour combler les variations rapides de consommation.
Il serait donc de plus en plus nécessaire de stocker les énergies aléatoires, si elles se développaient.

Le coût de l’énergie électrique française est modéré

Comme le démontre Jean Marc Jancovici, expert reconnu, le recours intégral à l’éolien multiplierait le prix de l’électricité par 7 et le recours au solaire par 11. Le graphique ci-dessous montre le coût, de l’électricité selon la source primaire utilisée pour la produire.
Les données sont issues de compilation de données issues de sources officielles (bilans EDF, rendement moyen des centrales, OCDE pour le coût du réseau et de la garantie de production, Coût du baril et du gaz…)
Si vous souhaitez une lire une étude complète et sérieuse, voir aussi : https://jancovici.com/transition-energetique/renouvelables/100-renouvelable-pour-pas-plus-cher-fastoche/.

Coût de l'électricité selon la source d'énergie primaire

Coût de l’électricité selon la source d’énergie primaire

Voir aussi la publication :
https://fr.irefeurope.org/Publications/Articles/Le-cout-exorbitant-des-energies-renouvelables.

Le tarif de l’électricité reste modéré en France, malgré l’existence d’une taxe, la CSPE. Celle-ci, TVA incluse ne cesse de grimper et vaut sur les factures près de 30% du coût de l’énergie, alors qu’elle ne finance que les quelques pourcents d’énergie renouvelable fournie (car les énergies renouvelables aléatoires coûtent en effet de 10 à 20 fois plus cher que les autres, comme indiqué ci-dessus).

Les émissions de CO2 de l’électricité française

EDF publie ses émissions mensuelles. Nous fournissons ci-après l’évolution des émissions de 2002 à 2018. Ces émissions diminuent au cours du temps, car le recours au centrales thermiques est aléatoire et a été réduit au cours du temps.

Evolution mensuelles des émissions de CO2 par EDF

Evolution mensuelles des émissions de CO2 par EDF

EDF conserve cependant en 2018 : 5 tranches de centrales au charbon soit une puissance de puissance 3GW (5% de la puissance nucléaire installée) et une vingtaine de centrales à gaz, dont 14 à cycle combiné (6GW), qui ont l’avantage de pouvoir fournir rapidement les excédents d’énergie nécessaires au réseau. Mais ces centrales ne sont utilisées qu’en cas de nécessité.
Grâce à cela, la production d’électricité en France émet de moins en moins de CO2, sauf lorsqu’il faut importer une part d’électricité étrangère, notamment allemande, où elle fabriquée essentiellement au charbon. Le bilan d’EDF annonce en 2018 une moyenne de l’ordre de 22gCO2/kWh, ce qui est très peu comparativement aux autres nations européenne.

Minimiser aussi le coût de l’énergie

Pour améliorer que les comportements du citadin s’améliore, il est plus simple de lui offrir des solutions qu’il considère comme attractive. Pour cela, il faut pouvoir investir et donc par ailleurs faire le choix des solutions les plus économiques possible.

Le coût de l’énergie influe de façon sensible sur notre niveau de vie et est très différent selon la source d’énergie.
Il est explicité dans l’article : « De quelle source tirer une énergie peu chère »
Cet article indique le coût des 4 sources électriques peu carbonées les plus utilisées : éolien, photovoltaïque hydraulique et nucléaire.

Les énergies renouvelables éolienne et photovoltaïque ont des coûts complets très dispendieux du fait de leur caractéristique d’intermittence aléatoire.
En revanche, l’hydroélectrique est une source économiquement et techniquement très intéressante, bien qu’il faille assurer une gestion très affutée des stocks d’eau. Cette source a été poussée près de sa limite en France.
Le nucléaire est presque aussi économique. Le mix hydraulique et nucléaire constitue un duo idéal utilisé en France pour assurer une production instantanément adaptable à la consommation.

Conclusion

Pour réduire nos émissions de CO2 impliquées par nos besoins énergétiques, sans gréver notre niveau de vie, il faut tirer notre énergie du Réseau de Transport Electrique Français. (moins de 25gCO2/kWh en 2018) et pas des produits pétroliers.

Pour plus de précision, lire aussi l’étude de l’OCDE : https://www.oecd-nea.org/nsd/reports/2012/nea6887-role-nuclear-low-carbon.pdf